Histoire de la perspective

Tout d’abord, il faut bien se rendre compte que la perspective n’a pas toujours existé. Avant de s’attarder la perceptive, il faut s’intéresser à l’outil mathématique qui lui permit d’exister, la géométrie. Celle-ci constitue la partie des mathématiques qui étudie les figures de l'espace en trois dimensions. Ce fut tout d’abord grâce aux travaux d’Euclide que la perspective est née, notamment avec les Éléments d'Euclide qui est à la fois une somme des connaissances géométriques de l'époque et une tentative de formalisation mathématique de ces connaissances.

               Euclide

Dans son ouvrage, toutes les notions de droite, de plan, de longueur, d'aire y sont exposées et forment le support des cours de géométrie élémentaire. La géométrie euclidienne donne ainsi un sens à des antiques traités sur le plan et l'espace ; cette géométrie alors fut considérée comme une géométrie « de la règle et du compas », les objets étudiés étant les points, les segments, les droites, les demi-droites, ainsi que les cercles. C’est par l’utilisation d’un espace euclidien modélisant, comme en physique classique, le plan et l'espace qui nous entoure que la perspective est née et s’est développée au fils des siècles.

Les grecs, fondateurs d’une extraordinaire civilisation et dignes héritiers des précédents (essentiellement de l’Égypte antique) eurent pour préoccupation de s’interroger sur l’homme dans sa relation avec le monde. Le résultat en fut une magnifique culture à la fois artistique, philosophique et scientifique qui atteint son apogée vers le Vème avant J.C. Cette civilisation cultiva surtout la connaissance, les rapports humains et tout ce qui appartient au monde des idées, dont « l’idéal de beauté ». Comme je vous l’est précédemment expliqué, c’est donc Euclide, mathématicien grec qui inventa le système géométrique considéré comme la base de toute la géométrie d’aujourd’hui la géométrie euclidienne.

Cependant, se sont les artistes de l’Empire romain qui approfondirent les recherches des philosophes grecs sur le principe du dessin en perspective. L’architecte romain Vitruve se fonda sur le fait que des lignes parallèles coïncident ou convergent vers un point lorsque nous les dessinons sur le papier. Il dit même, «  bien que tout soit dessiné sur des surfaces planes et verticales, certaines parties semblent reculer vers le fond tandis que d’autres apparaissent comme en relief vers l’avant ». Vitruve, comme bien d’autre probablement avant lui, avait compris la règle principale de la perspective linéaire en prenant conscience que les lignes parallèles entre elles convergent vers un point unique. Toutefois, Il va falloir attendre plus de mille ans avant de voir une nouvelle tentative pour représenter la perspective dans les arts plastiques.

    Homme de Vitruve

Ainsi, le moyen Age est marquée par l’absence de perspective. Un ensemble de facteurs, dont l’Église ou le pouvoir mis en place, décida de la direction de l’art qui doit être avant tout « enfantine » ou compréhensible. Un art qui n’est plus naturaliste mais qui a une tendance certaine à un langage de signes pour expliquer plutôt que décrire, pour reconnaître et interpréter facilement, les scènes du culte, les miracles, la vie. Il est avant tout intemporel, idéal et significatif.

 

Le tableau n’est pas représenté, en perspective car certains éléments sont représentés en élévation, vue de haut. Le peintre ne dessine pas tous les éléments comme s’il les voyait d’un point de vue statique, mais plutôt dans la position où ils étaient le plus représentatif, d’où un art simple et très symbolique. En réalité, les peintres n’utilisent pas la perspective puisqu’ils peignent les choses non pas telles qu’elles sont, mais tells qu’elles paraissent être. Néanmoins, en dépit de cette perte de créativité, il faut reconnaître un aspect utile de leur démarche, les dimensions des objets vus de face ou de haut correspondent à leurs valeurs réelles.

La véritable affirmation de la perspective dans l’art s’est déroulée lors de la renaissance, au XXVI siècle. Cet enthousiasme pour la perspective s’est ressenti par la recherche des artistes de la renaissance des lois mathématiques permettant d’obtenir sur la surface plane d’un tableau des effets de profondeur à trois dimensions. Ce raffinement dans la technique de perspective comme dans l’harmonie des proportions est particulièrement présent en Italie, à l’exemple des nouvelles architectures des villes en pleine effervescence comme Florence ou encore Venise.

D’autre part, les gens de l’époque admiraient ces peintres et leurs tableaux pour le réalisme surprenant qu’ils obtenaient. Ces peintres cherchaient à représenter l’espace, le monde, ce qu’ils voyaient. Pour la première fois, dans l’histoire de la peinture, les formes ont un volume, elles se superposent, elles sont mises en perspective.

La Flagellation du Christ, Pierro de la Francesca

La perfection mathématique géométrique en art apparait comme absolue avec notamment les œuvres du peintre Piero della Francesca. Avec  la flagellation, celui-ci adopte les principes de la perspective en les conjuguant avec une palette flamboyante dans laquelle la lumière acquiert une valeur mystique. Les recherches luministes, liées à la perspective, occupent aussi une place de premier plan dans l’activité des peintres de l’époque avec le jeu subtil d’ombres et de lumières pour décrire des scènes d’un réalisme délicat. La passion pour les problèmes de perspective animera en effet la majeur partie du siècle l’ensemble des artistes européens, conduisant à une vision presque métaphysique de la réalité à travers leurs œuvres.

Il existe bien d’autres artistes de l’époque qui démontrèrent l’existence de certains éléments fondamentaux du dessin en perspective et qui l’utilisèrent. Nous pouvons parler de l’architecte florentin Brunelleschi, qui vécut entre 1377 et 1446 ou encore de Léonard de Vinci, qui vécut entre 1452 et 1519. Cependant, nous ne pouvons vous parler de tous les artistes qui l’utilisèrent et juste vous évoquer Michel-Ange (1475-1564), Raphaël (1483-1520) et l’allemand Dürer (1471-1528).

Brunelleschi, grâce à ses travaux audacieux, fit la démonstration de la perspective en tant que méthode, et définit les termes de ligne d’horizon et le point de vue correspondant au point de fuite en perspective frontale.

Léonard de Vinci, quant à lui, manifesta une quête insatiable dans les domaines scientifiques et techniques pour expliquer totalement cette théorie telle que nous la connaissons aujourd’hui. « La peinture est mentale » prônait-il et que l’artiste devait davantage travailler avec ses yeux et son esprit. Pour lui, la perspective « n’était que rien d’autre que la vision d’un lieu (ou d’objets) situé derrière une vitre transparente, et sur la surface de laquelle serait dessiné ce paysage (ou ces objets). » Il ne cessa d’inciter les artistes à peindre « à l’œil nu »  et arriva à la même conclusion que Michel-Ange, « l’œil a tellement d’expérience dans son domaine que d’un simple regard, sans tracer des angles ou des lignes et sans calculer les distances, il est capable de guider la main afin qu’elle représente tout ce qui lui est révélé, et de telle manière que cela soit en perceptive. »

 La Joconde, Leonardo de Vinci

Par ailleurs, c’est aussi Léonard de Vinci qui commença à parler de l’atmosphère. Il comprit que dans le cas de la perspective, les contours de tout objet sont estompés puisque qu’ils s’intègrent au milieu ambiant du tableau et l’homme est capable de corriger mentalement les erreurs dû à noter mauvaise posture, car le tableau est visible correctement que d’un seul point de vue, celui où se situait l’œil du peintre.

               La Cène, Leonardo de Vinci

Enfin, au XIXème et XXème siècle, la perspective ne s’utilise plus comme un outil étant donné qu’ils la dominent réellement. Les peintres du XIXème utilisent, pour la plupart, la perspective pour que leurs tableau soient cohérents avec le réel. Toutefois, Van Goh, Gauguin et Cézanne cessent de prendre le réalisme comme un problème visuel mais comme un problème d’expression, sans pour autan oublier la perspective. Sur leurs œuvres, celle-ci ne suscite pas la tranquille sensation du visuel, mais une inquiétude spirituelle, une sorte d’angoisse de l’infini, de ce qui est interminable, du monde qui est delà du monde sensible.

      Le Cri Edvard Munch

 

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