Principes fondamentaux de la perspective

Maintenant que nous avons défini les théories mathématiques mises en place au cours des siècles, nous nous intéresserons à comment les artistes peintres ont mis en application ses théories tout en gardant leur côté artistique.

Le tableau et les trois dimensions

Pour comprendre les différentes manières de donner l'impression de perspective, il faut avant tout savoir que cette impression est dû à deux faits, l'une ayant rapport avec la personne, c'est à dire, l'intuition, qu'il faut un certain temps pour acquérir, l'autre, se rapportant à la représentation qui n'est jamais une imitation parfaite de la réalité. Ces deux éléments combinés permettent de comprendre ce qui est représenté. De plus, il faut savoir que la base de la perspective est le fait que la forme varie selon le point de vue. En effet, dans ces trois images, bien que les mêmes objets soient représentés, il y a différentes manières de les voir, différents angles de vue. Le problème est que l'environnement que nous essayons de représenter possède au minimum 3 dimensions alors que les surfaces planes sur lesquels nous chercherons à les reproduire en possèdent seulement deux.

Les différentes visions

L'un des effets visuels les plus importants dans tous les points de vue est la convergence des formes vers l'horizon. En effet, prenons comme exemple cette image : (vraie image p38)

L'horizon dépend de l'endroit où se place l'observateur. En effet, si nous nous plaçons à hauteur du sol, les rails se rejoignent à l'horizon. Si nous observons les rails vu du ciel, elles sont parallèles. Nous en déduisons donc que des lignes parallèles, sous l'effet de la perspective, se rejoignent à l'horizon. Et plus particulièrement en un point appelé point de fuite.

Perspective frontale, à un point de fuite

La perspective frontale est utilisée lorsque les objets ont une face parallèle au plan du tableau, alors que les autres faces sont perpendiculaires à celui-ci. Le point de fuite se trouve alors à l'intersection du rayon visuel avec la ligne d'horizon.

Perspective oblique, à deux points de fuite

Cette perspective est appelée comme ceci puisque l'objet observé est placé obliquement par rapport au plan du tableau, nous avons donc deux ensemble de lignes parallèles entre elles. Chacun d'eux ayant son propre point de fuite. Les points de fuite sont ainsi deux points sur la ligne d'horizon (un à droite et un à gauche)

Perspective aérienne, à trois points de fuite

Cette perspective est utilisée lorsque l'objet n'a aucune de ses faces parallèles au plan du tableau en étant incliné par rapport à la verticale de ce plan. Il existe trois points de fuite, comme précédemment, à gauche et à droite de la ligne d'horizon et au centre en dessous de la ligne d'horizon.

La contre plongée

Cette perspective est utilisée lorsque l'observateur est placé trop prêt de l'objet observé. Les points de fuite sont les même que la vision aérienne, cependant le troisième point de fuite n'est pas en dessous mais au dessus de la ligne d'horizon.

Dimensions en fonction de la distance

Nous pouvons aussi faire apparaître la distance par comparaison des dimensions. Cette technique s'explique par le fait que les angles visuels nécessaires à la vision d'un objet proche ou d'un objet lointain ne sont pas les mêmes. Ainsi, un objet lointain semble plus petit qu'un objet plus rapproché. Cette technique fait aussi appel à l'expérience visuelle du spectateur et ce qu'il sait par anticipation. L'exemple le plus explicatif est l'image d'une rangée d'arbres. Plus les arbres sont éloignés plus ils semblent petits.

Ce phénomène est représenté seulement par la taille et cependant, lorsque nous regardons cette représentation sur une surface plane, notre vécu nous permet de comprendre que les arbres forment une rangée et que chaque arbre et de plus en plus éloigné. Sans notre vécu, nous penserions que les arbres sont seulement alignés sur le même plan mais sont de tailles de plus en plus petite. Cette impression de distance nous permet ainsi de visualiser la profondeur. A travers l'histoire, la représentation en perspective consiste à trouver des normes correctes pour calculer ces réductions de taille et d'espacement et cette convergence des parallèles. Pour les peintres, l'important est d'associer les moyens et les connaissances, et il y a de nombreuses manières d'interpréter la troisième dimension. Nous allons poursuivre en nous intéressant aux plus importantes.

La superposition de plans

Nous nous intéresserons maintenant à la superposition de plans qui produit un effet d'éloignement et donc de profondeur. Prenons l'exemple d'une scène de théâtre : vu d'un des côtés nous distinguons différentes « coulisses » disposées l'une derrière l'autre. Si nous observons la scène du point de vu du spectateur, nous constatons que les différents plans produisent un effet d'éloignement progressif, de profondeur. Il est possible de transposer cet effet sur une surface plane en disposant les éléments superposés. Cette superposition de plans est un des moyens de représenter la troisième dimension et elle paraît être la plus logique puisqu'elle est intervenu très tôt dans les représentations artistiques. En effet, si nous voyons un objet (ou un groupe d'objets) en cacher un autre en étant « devant », nous comprenons immédiatement que l'un est plus proche que l'autre ou que l'un est devant l'autre dans l'espace. C'est ainsi que nous percevons la profondeur.

Dans ce cas ci, nous savons immédiatement que le rond rouge se trouve devant le rond bleu.

La profondeur par effet de modelé et par effet de contraste

Les effets atmosphériques

Le génie de la Renaissance, Léonard de Vinci a écrit : « Si tu achèves avec une grande précision les objets lointains, ceux-ci apparaîtront proches plutôt qu'éloignés. Prends soin de les reproduire avec discernement, en tenant compte de la distance de chaque objet, et là où ils sont confondus et ont des contours incertains repré-sente-les tels qu'ils sont et ne les précise pas trop. ». En effet, la représentation de la distance est également la représentation du milieu ambiant, de l'espace qui sépare les objets. Effectivement, l'atmosphère agit comme un voile de plus en plus opaque à mesure que l'objet s'éloigne. Ainsi, concrètement, les paysages de fond sont estompés, flous et ont tendance à se bleuter. Nous nous intéresserons aux caractéristiques chromatiques qui rendent certaines couleurs plus proches que d'autres dans une des parties suivantes.

Les rapports chromatiques

Reprenons quelques notions sur les couleurs. C'est entre les couleurs complémentaires que le contraste est le plus fort (jaune/violet, vert/fuschia, rouge/bleu) mais les couleurs claires et foncées ou encore les couleurs froides et chaudes sont également contrastées. En tenant compte de ces contrastes, nous apercevons à travers plusieurs exemples que les couleurs jouent un rôle dans l'impression de profondeur. En effet, les couleurs chaudes semble se rapprocher tandis que les couleurs froides s'éloignent. Les premiers plans ont des couleurs plus vives et plus contrastées tandis qu'à l'arrière plan, les couleurs sont neutralisées entre elles de telle sorte qu'elles sont très peu contrastées. Ces vérités ne sont pas absolus, nous pouvons peindre un rouge à l'arrière plan qui s'intégrera parfaitement au fond. Tout dépend des rapports de couleur avec le reste du tableau et l'emploi correcte des différentes techniques de profondeur. A ce travail des couleurs, s'ajoute le travail des effets de matières. En effet, l'impression de profondeur vise à se rapprocher le plus possible de la vision naturelle de l'homme. Plus l'objet est loin plus l'objet semble flou, c'est ainsi que les peintre représentent un objet lointain. Pour représenter les objets plus rapprochés, ils travaillent alors le détail, visible par l'homme lorsque l'objet est dans son champ de vision la plus précise. De ces effets de couleurs naît les contrastes de lumière.

Les effets de modelé et de contraste

Après avoir étudié en détail les caractéristiques de la vision, nous pouvons assurer que ce que nous nous voyons, nous le voyons grâce à la lumière. Cependant, lorsqu'il y a de la lumière, il y a des ombres et celles-ci nous amènent donc à une autre manière de représenter la troisième dimension. Dans la 3D, les objets ont plusieurs faces et donc un relief, les artistes peignaient ce modelé en fonction d'une unique source de lumière pour rendre la représentation d'autant plus réaliste. Pour rendre le modelé d'un objet, il suffit ainsi de rechercher d'abord la zone la plus foncée et la zone la plus claire, puis de répartir les valeurs de gris intermédiaires. Le contraste est le résultat d'un rapport entre la lumière et l'ombre qui se produit lorsque la lumière qui éclaire le sujet est forte et concentrée. Il apparaît ainsi des reflets de tons claires et puissants et des ombres doux et foncées. L'effet de contraste peut expliquer, de la meilleure manière, le volume des corps ou la profondeur d'une scène picturale.

Analyse de l'image

Maintenant que nous avons étudié la grande majorité des éléments mis à la disposition des artistes pour reproduire la perspective, nous allons analyser en détail cette image que nous avons choisie qui sera utilisé par toutes les techniques (dans la limite du possible).

 

Tout d'abord, nous remarquons une perspective à 1 point de fuite se trouvant à l'intersection des deux bords du chemin (continus). La ligne d'horizon passe également par ce point de fuite. C'est donc une perspective frontale. Nous remarquons également que l'arbre situé a proximité est beaucoup plus grand que l'arbre situé plus loin (arbre 2). Cela est dû au fait que les dimensions sont calculées en fonction de la distance. La perspective est aussi rendue par le fait que nous savons que l'arbre le plus prêt est situé devant la maison puisque l'arbre « coupe » la maison, c'est à dire que le plan de l'arbre est devant le plan contenant la maison : c'est la superposition des plans. A toutes ces techniques, s'ajoutent des techniques plus artistiques telles que les effets atmosphériques, les contrastes chromatiques et l'effet de modelé. Dans cette image nous ne faisons pas face à des effets atmosphérique mis a part le ciel au loin qui, par l'expérience personnelle fourni des informations sur les plans. Par effet de modelé dû à la lumière, nous pouvons confirmer le fait que l'arbre est devant la maison puisque l'ombre de l'arbre est plus proche que l'ombre de la maison sur le plan du sol (qui lui est en 2D et donc plus facile à analyser).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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